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La médecine personnalisée : technologies et pratiques médicales de demain

La médecine personnalisée fait l’objet de très nombreux travaux de recherche. Son ambition, de taille, est intimement liée à la recherche bien évidemment, mais également aux outils d’information et de maîtrise de la donnée. Data, génome et standardisation, découvrez tous les enjeux de la médecine personnalisée.

Qu’est-ce que la médecine personnalisée ?

Parler de médecine personnalisée semble être un oxymore de taille puisque la médecine s’avère être, par définition, adaptée au patient, à ses symptômes, à ses affections et à la connaissance de son état de santé. Le terme de « médecine personnalisée » est pourtant récurrent alors même que sa définition est floue et associée à un vocable plus large : médecine de précision, prédictive ou génomique. Plus qu’une réalité, la médecine personnalisée reste pour l’instant un dessein qui se réalise peu à peu et dont on aperçoit les formes les plus abouties en oncologie (spécialisation dédiée à l’étude des tumeurs et cancers).

Contrairement à ce que le nom qui lui est donné laisse présumer, la médecine personnalisée n’est pas totalement individualisée, son but est avant tout d’utiliser les données génomiques et cliniques de patients pour former des catégories standardisées auxquelles seraient associés : des actions préventives, des traitements et un suivi adéquat.

Prenons l’exemple de l’oncologie et plus précisément celui bien connu des prédispositions génétiques au cancer du sein. Dans ce cas-ci, les chercheurs, après avoir collecté et analysé de grandes quantités de données de patientes, ont pu déceler une prédisposition génétique chez certaines à développer un cancer du sein. Les femmes entrant dans cette catégorie se voient alors proposer des actions préventives et un suivi sur-mesure différents aux autres patientes atteintes du cancer du sein. Leur traitement est parfois même préventif dans le cas de cancers du sein avérés et répétés au sein d’une même famille.

Plus largement, il s’agirait, dans l’utopie d’une médecine personnalisée à la fois prédictive et curative, d’analyser une quantité de données très importante, de créer des catégories fines de patients en fonction de critères génomiques et cliniques et de pouvoir y associer des traitements et procédures effectives.

Data, standardisation et génome, quels enjeux pour la médecine personnalisée ?

La première problématique à laquelle fait face la médecine personnalisée est celle du traitement des données. Afin de créer des catégories standardisées de patients, les données doivent être récoltées en très grandes quantités mais elles doivent également pouvoir être analysées à l’aide d’outils. Les technologies existantes peuvent être adaptées aux enjeux et aux besoins de cette médecine génomique, mais les procédés de collecte et de traitement de données médicales de manière aussi massive restent encore peu démocratisés. De plus, il s’agit de s’intéresser à l’épineuse question du consentement. Dans quelle mesure le patient peut-il, à son insu, contribuer à la recherche ? Quelles sont les données qui peuvent être collectées ? Quel consentement demander au patient et comment la donnée doit-elle être rendue anonyme ? Au-delà d’enjeux technologiques il s’agit avant tout de procédures éthiques et de fondements légaux dont doit se doter la médecine personnalisée.

Le deuxième élément qui interroge les scientifiques dans ce modèle de médecine personnalisée est la sur-standardisation des réponses médicales proposées aux différentes catégories de malades identifiées. Le patient est alors considéré plus comme un génome appartenant à une catégorie de patients que comme un individu à part entière portant une identité génétique, mais pas seulement.

Dans quelles mesures est-il possible de créer des catégories génomiques assez fines pour prédire avec suffisamment de certitude la réponse du corps à une pathologie, à un traitement, sans tenir compte d’autres facteurs tels que celui de l’environnement du patient ? Ou, est-il possible de créer des catégories associant assez de caractères à la fois liés à la génétique et à l’environnement ? Ces questions sont à l’heure actuelle sans réponse alors que la communauté scientifique internationale avance à tâtons sur la question, dépendante notamment d’autres pans de la société : droit, coopération scientifique internationale, technologies…

Ce qui est certain c’est que si la définition de la médecine personnalisée est encore floue et qu’elle éveille de nombreux enjeux, elle est également la médecine de demain, celle vers laquelle tend la majeure partie de la communauté scientifique mondiale et qui fait déjà partiellement ses preuves dans certaines spécialités. Pour les laboratoires pharmaceutiques, elle représente également un objet de diversification de leur activité, palliant en partie les désagréments de l’obsolescence des brevets. La médecine personnalisée se traduit alors par le développement et la commercialisation de nombreux tests, visant à développer les traitements préventifs en fonction des résultats.

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