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Les génériques : quels enjeux pour les industries de la santé ?

Depuis le 1er janvier 2020, les patients qui refusent un médicament générique seront moins bien remboursés. Quels sont les enjeux de cette mesure activée par la loi de financement de la Sécurité sociale ? Pourquoi les génériques allègent-ils les dépenses de la Sécu ? Quelle pourrait être l’incidence de cette mesure sur la recherche ?

Quelle différence entre les médicaments princeps et les génériques ?

Le « princeps » ou « premier » en latin, est le médicament originel, à la formule unique, développé par un laboratoire pharmaceutique afin de trouver un traitement à une maladie ou en apaiser les symptômes. Le médicament générique quant à lui est une copie de ce médicament, donnant les mêmes résultats cliniques.

Les étapes de développement d’un médicament princeps

Le développement d’un médicament est un processus à la fois couteux mais également très long. La première étape consiste en la recherche fondamentale où les chercheurs évaluent les molécules susceptibles de présenter un intérêt thérapeutique. Une fois qu’ils estiment qu’une molécule présente un intérêt, les scientifiques la font entrer en phase d’essais cliniques : son action doit être observée in vitro puis sur l’être humain. Vient alors l’ultime étape d’autorisation de mise sur le marché, de définition du prix du médicament et de son remboursement avec les autorités sanitaires.

Ce processus de recherche et de mise à disposition du médicament aux patients peut durer de 10 à 20 ans. Les laboratoires de recherche investissent de très nombreuses ressources, qu’elles soient humaines ou financières dans le développement d’un médicament princeps.

Les brevets protègent les princeps

Afin que les laboratoires pharmaceutiques puissent bénéficier d’un retour sur investissement une fois leur médicament autorisé à la distribution, ils déposent des brevets qui le protègent, l’empêchant d’être copié pendant environ 15 à 20 ans. Pendant la période couverte par le brevet, les laboratoires distribuent leur médicament protégé à un prix donné afin de réaliser un retour sur investissement. Si la majorité des médicaments permettent, à terme, au laboratoire de réaliser des bénéfices, et ainsi, de continuer à investir pour la recherche, ce n’est pas toujours le cas. Dans certains cas, le coût de la recherche ayant été tellement élevé, la commercialisation du médicament ne permet jamais à son créateur de réaliser de plus-value.

Afin de repousser au maximum le moment de « substituabilité » de leur médicament princeps par un générique, les laboratoires multiplient les brevets : sur la molécule, sur les dosages, sur les méthodes de traitement, sur un nouveau mode d’administration ou une nouvelle formule, etc. En multipliant ces brevets et en les échelonnant dans le temps, les laboratoires « gagnent du temps » et allongent leur période d’exclusivité sur le médicament dont ils détiennent la formule avant qu’il soit possible d’en faire un générique.

Les génériques, des médicaments « copie »

Une fois les brevets arrivés à leur terme, il est possible pour d’autres laboratoires et firmes de l’industrie pharmaceutique de copier le médicament princeps et de créer un médicament dit « générique ». D’une composition identique ou similaire au produit d’origine, le générique a les mêmes résultats que le médicament princeps. Puisque les laboratoires qui les créent n’ont pas eu à investir pour la recherche et qu’ils ne supportent que les coûts de production et de faibles dépenses d’autorisation de mise sur le marché (preuve de la bioéquivalence avec le princeps), ils peuvent distribuer un médicament générique jusqu’à 40% moins cher que le médicament princeps.

La Sécurité sociale favorise les génériques : quels enjeux pour les consommateurs, les laboratoires et la recherche ?

Actuellement, plus d’une boite de médicament sur trois vendue contient des génériques. Afin de limiter les dépenses de remboursement des médicaments, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 prévoit d’exhorter les patients à choisir le générique, moins cher, en modifiant le système de remboursement des médicaments non-génériques remplaçables. Soit le patient accepte le médicament générique et est remboursé de manière classique, soit il choisit un non-générique. Dans ce cas, il devra alors avancer les frais, ne pourra profiter du tiers payant et ne sera remboursé que sur la base de remboursement du médicament générique, quel que soit le prix du produit qu’il a acheté.

Cette exhortation à prescrire et à consommer les médicaments génériques est bénéfique à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale. Moins chers, ces médications sont tout aussi efficaces pour les patients et limitent les dépenses de la Sécurité sociale.

Cette mesure interroge cependant sur ses incidences, à long terme, sur la recherche. Dans un but de rentabilité, les laboratoires pourraient-ils être tentés de se concentrer uniquement sur la production et la commercialisation de génériques plutôt que de favoriser la recherche qui nécessite d’importants investissements ? Si les patients sont incités financièrement à consommer des génériques, quels bénéfices sont envisageables pour les laboratoires producteurs de princeps ?
Pour pallier les incitations financières favorisant les génériques, les laboratoires s’adaptent. Ils développent ainsi leur image de marque, l’attachement à leurs produits, fidélisant leurs clients et développant leurs activités de marketing. Vous souhaitez en savoir plus sur les métiers du marketing dans l’industrie pharmaceutique ? Découvrez les fiches métiers de l’IMIS, Institut de Management des Industries de la Santé.

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