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État des lieux des biotechnologies appliquées aux industries de santé

La biotechnologie dans son acceptation littérale est utilisée par l’Homme depuis plusieurs siècles à travers des pratiques ancestrales comme la fermentation, l’utilisation thérapeutique des plantes et la domestication des animaux. C’est pourquoi on parle de « biotechnologies modernes » lorsque l’on évoque les travaux du génie génétique conséquents à la découverte de l’ADN, en 1953, par James Watson et Francis Crick, tous deux prix Nobel en 1962. Au travers de cet article, nous nous intéresserons aux dernières applications des biotechnologies modernes dans les industries de santé.

Les biotechnologies et la conception des biomédicaments

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit la biotechnologie comme « l’ensemble des applications de la science et de la technologie à des organismes vivants […] pour produire des connaissances, des biens ou des services ». Comme pour l’agroalimentaire et la filière cosmétique, les biotechnologies modernes ont bouleversé les industries de santé, notamment au niveau de la conception des médicaments, avec de nouveaux modes opératoires issus de la biotechnologie biomédicale :

  • Incorporation de réactifs issus de l’ingénierie génétique et/ou protéique ;
  • Utilisation des organismes vivants ou de leurs composants cellulaires ;
  • Intégration des progrès de la nanotechnologie dans la production de médicaments.

La conception des biomédicaments fait suite à l’identification de cibles thérapeutiques potentiellesUne prouesse que permet aujourd’hui la mise en évidence du lien entre la génétique et de nombreuses pathologies, grâce notamment au séquençage de l’ADN et aux biomarqueurs génétiques qui « trahissent » certaines pathologies au niveau des gènes. L’essor de la filière a peu à peu jeté les bases d’un marché porteur depuis le milieu des années 1980. L’OCDE est sans doute l’un des rares (si ce n’est le seul) organisme qui propose un baromètre annuel de la biotechnologie mondiale. L’édition de 2018 nous apprend par exemple que :

  • La Suisse est le pays qui compte le plus de laboratoires de Recherche et Développement (R&D) dédiés à la biotechnologie (proportionnellement au nombre de laboratoires R&D tous secteurs confondus) ;
  • La France se dispute la 3e place avec l’Espagne, derrière les États-Unis ;
  • Le financement des startups spécialisées dans les biotechnologies reste le principal point faible de la France. « Cela ne veut pas dire que ce retard ne puisse pas être rattrapé », note un rapport de l’Officie parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

Les applications les plus récentes des biotechnologies modernes

La biotechnologie a récemment donné des résultats probants dans le traitement de certaines pathologies, comme par exemple dans le développement de thérapies anticancéreuses (plus) ciblées et dans la régénération d’organes par les cellules souches.

  • Des chercheurs japonais sont parvenus à arrêter la réplication du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 dans les lymphocytes « T » infectés grâce à la technologie CRISPR-Cas9. Cette avancée pourrait offrir une nouvelle approche pour aboutir à un traitement fonctionnel ;
  • Transgene SA, une entreprise française biopharmaceutique basée en Alsace, a traité un premier patient atteint d’une tumeur gastro-intestinale au stade avancé avec le virus oncolytique TG6002 dans un essai clinique de phase ½ ;
  • Un gène-médicament, développé par des chercheurs de Généthon, a permis de stabiliser les symptômes de la myopathie de Duchenne chez des chiens plus de deux ans après l’injection. Le médicament est en réalité une version raccourcie et altérée du gène de la maladie ;
  • Des études prometteuses permettent aujourd’hui de remettre en cause le caractère irréversible des lésions nerveuses causées par les maladies neurodégénératives, grâce notamment aux neurotrophines qui favoriseraient la régénération nerveuse.

La Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) impose à l’ensemble des organismes réalisant des activités de recherche ou des applications commerciales en lien avec la biotechnologie un ensemble de mesures éthiques et sanitaires pour prévenir certains risques, comme l’exposition accidentelle à des agents infectieux ou encore la contamination biotechnologique. Ainsi, une étude des risques chimiques et toxicologiques accompagne systématiquement les nouvelles activités en la matière.

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